L'héritage de la chouette (1989) / de Chris Marker

Treize mots de racine grecque que Chris Marker décortique pour connaître l'héritage de la Grèce antique sur le monde moderne. Des États-Unis au Japon, il a baladé sa caméra là où tout mot prend sens. Il a rencontré des hellénistes, des logiciens, des hommes politiques, des artistes, des philosophes, et a confronté leurs discours aux mémoires des cinémathèques.
En treize épisodes : 1. Symposium ou les idées reçues ; 2. Olympisme ou la Grèce imaginaire ; 3. Démocratie ou la cité des songes ; 4. Nostalgie ou le retour impossible ; 5. Amnésie ou le sens de l'histoire ; 6. Mathématique ou l'empire des signes ; 7. Logomachie ou les mots de la tribu ; 8. Musique ou l'espace de dedans ; 9. Cosmogonie ou l'usage du monde ; 10. Mythologie ou la vérité du mensonge ; 11. Misogynie ou les pièges du désir ; 12. Tragédies ou l'illusion de la mort ; 13. Philosophie ou le triomphe de la chouette

12 jours (2018) / de Raymond Depardon

Avant douze jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d'un côté un juge, de l'autre un patient. Entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

La permanence (2017) / d'Alice Diop

La consultation se trouve à l'intérieur de l'hôpital Avicenne de Bobigny. C'est un îlot qui semble abandonné au fond d'un couloir. Une grande pièce obscure et vétuste où atterrissent des hommes malades, marqués dans leur chair, et pour qui la douleur dit les peines de l'exil. S'ils y reviennent, c'est qu'ils ne désespèrent pas de trouver ici le moyen de tenir debout, de résister au naufrage... Un film qui tord le cou aux discours courants sur les étrangers en montrant la détresse physique et mentale des réfugiés, et invite à dépasser les statistiques, à voir les visages derrière les chiffres.

Paris est une fête (2018) / de Sylvain George

Des rassemblements de Nuit Debout à la crise des réfugiés, des manifestations contre la loi Travail au traumatisme post-attentats... Un film poème en dix-huit vagues, comme autant de scènes pour décrire Paris et ses paysages urbains traversés par un migrant guinéen, les attentats, les roses blanches, l'état d'urgence, le bleu-blanc-rouge, l'océan Atlantique et ses traversées, les volcans, le beat-box, la révolte, la colère, la violence d’État, un chant révolutionnaire, le silence, la joie, rien que la joie.

L'assemblée (2018) / de Mariana Otero

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s'essayent avec passion à l'invention d'une nouvelle forme de démocratie. Le film examine le fonctionnement de cette assemblée spontanée, en circulant au jour le jour parmi les différents groupes de réflexion qui l'ont constituée. Celle-ci est filmée comme un grand théâtre de la parole, où se façonne une forme possible d'expression, mais aussi d'écoute en public, et dont la limite, qui se fait jour peu à peu, serait le caractère purement conjuratoire. Comment parler ensemble sans parler d'une seule voix ?

Le cinéma de Mai 68 - une histoire, volume 1

Engagés, insurgés et surtout solidaires : en 1968 des cinéastes tournent au cœur des luttes, de l'intérieur même des événements. Mai 68 est non seulement leur sujet mais plus encore leur projet, celui d'un cinéma collectif, partie prenante de l'Histoire. Rarement montrés, voire occultés, ces films sont inestimables. Archives cinématographiques du mouvement, ils disent ses aspects ouvriers, paysans, immigrés même. Œuvres d'opérateurs inspirés, ces films signent l'apogée du cinéma direct, un printemps de cinéma dont l'onde de choc durera 10 ans. Sept chapitres : "1967/1968 : le vent se lève", "Premières grèves dans l'industrie", "Mai 68 à Paris : l'explosion", "Les grèves d'occupation (du côté des ouvriers)", "Du côté des paysans", "Juin 68 ou le retour à l'ordre" et "Les murmures du monde".

Che Guevara, naissance d'un mythe (2018) / de Tancrède Ramonet

Cinquante ans après sa mort, le film interroge les images qui l'ont rendu célèbre et entreprend un véritable travail de déconstruction de l'icône. Mêlant témoignages de premier plan, archives méconnues et animations graphiques innovantes, le film retrace l'histoire du guérillero héroïque pris au piège de son propre mythe. Tant dans ses caricatures que dans ses hagiographies, le Che fut le principal artisan de sa propre légende. Tenue de combat, barbe hirsute et cigare à la bouche, il a fait de la saleté du guérillero une vertu et a endossé avec autorité le costume du foudre de guerre prêt à plonger le monde dans l'abîme. Cinéphile, écrivain, photographe, Che Guevara n'a eu de cesse de construire le mythe qui lui survivra.

La mort se mérite (2018) / de Nicolas Drolc

"La mort se mérite" brosse le portrait de Serge Livrozet, figure de la contre-culture française des années 1970, ancien plombier, ancien perceur de coffres-forts, fondateur avec Michel Foucault du Comité d'Action des Prisonniers, écrivain autodidacte et militant libertaire. Devant la caméra intimiste de Nicolas Drolc, cet "anarchiste qui n'aime pas les bombes" se laisse dresser le portrait en n'étant tendre ni avec lui-même, ni avec la vie et les plaisirs qu'il y recherche pour "rendre ce séjour merdique le moins désagréable possible".

King, de Montgomery à Memphis (1970) / d'Ely Landau & Richard Kaplan avec Sidney Lumet & Joseph L. Mankiewicz

Depuis le boycott des bus de Montgomery, l'une des premières actions inspirées par Martin Luther King, jusqu'à son assassinat, le 4 avril 1968 à Memphis, le chantre de la cause noire n'a jamais cessé d’œuvrer en faveur d'une reconnaissance de l'égalité des droits entre les noirs et les blancs aux États-Unis. Retour, de 1955 à 1968, sur les étapes cruciales de la vie du leader non violent, prix Nobel de la paix en 1964, qui parvint à rassembler quelque deux cent cinquante mille personnes à Washington pour entendre un discours resté célèbre, commençant par ces mots : "I have a dream".

Patric Jean (2009), fragments d'une oeuvre / de Patric Jean

Patric Jean est un insurgé. Plutôt que de se laisser guider par un scénario préétabli, il semble s'être fixé une autre règle : traquer sans relâche, au gré de pérégrinations savamment ciblées, la misère et la faim qui se cachent, la cécité du monde devant le malheur, la surdité sociale des élus et des élites, et toutes les aliénations ordinaires que souvent ceux-là même qui les subissent ne font que pressentir très confusément et que seul un œil - et une conscience - extérieurs sont à même de débusquer. Avec lui, la détresse du monde nous explose en pleine figure.
Contient les films :
"Les enfants du Borinage / Lettre à Henri Storck" (1999) : Constat accablant de l'horreur économique.
"La raison du plus fort" (2003) : Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres.
"D'un mur l'autre" (2008) : De Berlin à Ceuta, une traversée de l'Europe et de ses frontières...