L'assemblée (2018) / de Mariana Otero

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s'essayent avec passion à l'invention d'une nouvelle forme de démocratie. Le film examine le fonctionnement de cette assemblée spontanée, en circulant au jour le jour parmi les différents groupes de réflexion qui l'ont constituée. Celle-ci est filmée comme un grand théâtre de la parole, où se façonne une forme possible d'expression, mais aussi d'écoute en public, et dont la limite, qui se fait jour peu à peu, serait le caractère purement conjuratoire. Comment parler ensemble sans parler d'une seule voix ?

Le cinéma de Mai 68 - une histoire, volume 1

Engagés, insurgés et surtout solidaires : en 1968 des cinéastes tournent au cœur des luttes, de l'intérieur même des événements. Mai 68 est non seulement leur sujet mais plus encore leur projet, celui d'un cinéma collectif, partie prenante de l'Histoire. Rarement montrés, voire occultés, ces films sont inestimables. Archives cinématographiques du mouvement, ils disent ses aspects ouvriers, paysans, immigrés même. Œuvres d'opérateurs inspirés, ces films signent l'apogée du cinéma direct, un printemps de cinéma dont l'onde de choc durera 10 ans. Sept chapitres : "1967/1968 : le vent se lève", "Premières grèves dans l'industrie", "Mai 68 à Paris : l'explosion", "Les grèves d'occupation (du côté des ouvriers)", "Du côté des paysans", "Juin 68 ou le retour à l'ordre" et "Les murmures du monde".

Che Guevara, naissance d'un mythe (2018) / de Tancrède Ramonet

Cinquante ans après sa mort, le film interroge les images qui l'ont rendu célèbre et entreprend un véritable travail de déconstruction de l'icône. Mêlant témoignages de premier plan, archives méconnues et animations graphiques innovantes, le film retrace l'histoire du guérillero héroïque pris au piège de son propre mythe. Tant dans ses caricatures que dans ses hagiographies, le Che fut le principal artisan de sa propre légende. Tenue de combat, barbe hirsute et cigare à la bouche, il a fait de la saleté du guérillero une vertu et a endossé avec autorité le costume du foudre de guerre prêt à plonger le monde dans l'abîme. Cinéphile, écrivain, photographe, Che Guevara n'a eu de cesse de construire le mythe qui lui survivra.

La mort se mérite (2018) / de Nicolas Drolc

"La mort se mérite" brosse le portrait de Serge Livrozet, figure de la contre-culture française des années 1970, ancien plombier, ancien perceur de coffres-forts, fondateur avec Michel Foucault du Comité d'Action des Prisonniers, écrivain autodidacte et militant libertaire. Devant la caméra intimiste de Nicolas Drolc, cet "anarchiste qui n'aime pas les bombes" se laisse dresser le portrait en n'étant tendre ni avec lui-même, ni avec la vie et les plaisirs qu'il y recherche pour "rendre ce séjour merdique le moins désagréable possible".

King, de Montgomery à Memphis (1970) / d'Ely Landau & Richard Kaplan avec Sidney Lumet & Joseph L. Mankiewicz

Depuis le boycott des bus de Montgomery, l'une des premières actions inspirées par Martin Luther King, jusqu'à son assassinat, le 4 avril 1968 à Memphis, le chantre de la cause noire n'a jamais cessé d’œuvrer en faveur d'une reconnaissance de l'égalité des droits entre les noirs et les blancs aux États-Unis. Retour, de 1955 à 1968, sur les étapes cruciales de la vie du leader non violent, prix Nobel de la paix en 1964, qui parvint à rassembler quelque deux cent cinquante mille personnes à Washington pour entendre un discours resté célèbre, commençant par ces mots : "I have a dream".

Patric Jean (2009), fragments d'une oeuvre / de Patric Jean

Patric Jean est un insurgé. Plutôt que de se laisser guider par un scénario préétabli, il semble s'être fixé une autre règle : traquer sans relâche, au gré de pérégrinations savamment ciblées, la misère et la faim qui se cachent, la cécité du monde devant le malheur, la surdité sociale des élus et des élites, et toutes les aliénations ordinaires que souvent ceux-là même qui les subissent ne font que pressentir très confusément et que seul un œil - et une conscience - extérieurs sont à même de débusquer. Avec lui, la détresse du monde nous explose en pleine figure.
Contient les films :
"Les enfants du Borinage / Lettre à Henri Storck" (1999) : Constat accablant de l'horreur économique.
"La raison du plus fort" (2003) : Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres.
"D'un mur l'autre" (2008) : De Berlin à Ceuta, une traversée de l'Europe et de ses frontières...

Makala (2018) / d'Emmanuel Gras

Au Congo, un jeune villageois espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.
Grand prix Nespresso semaine de la critique Cannes 2017

4 films de Anastasia Lapsuy & Markku Lehmuskallio

Ce coffret regroupe quatre films alternant documentaire et fiction : 
"Sept chants de la toundra" (2000) : Les Nenets habitent la toundra, tout au nord de la Russie. Anastasia Lapsuy a incorporé plusieurs légendes locales dans les scènes décrivant leur vie. C'est ainsi qu'est né ce film, premier long métrage en langue Nenets.
"Fata morgana" (2004) : Sur la côte du détroit de Béring, les Tchouktches sont les habitants les plus orientaux d'Asie. Ils ont vécu dans des conditions extrêmes pendant des siècles grâce à la pêche au phoque. Jusqu'à ce que les tentacules de l'empire soviétique les rejoignent...
"Neko, dernière de la lignée" (2011) : En Sibérie soviétique, dans les années 1960, vit le peuple nomade des Nenets. Au camp, la petite Neko grandit avec son père et sa grand-mère. Cette dernière lui enseigne les rudiments du chamanisme. Mais la steppe recèle des richesses qui attirent l'empire russe.
"Nedarma, le voyage perpétuel" (2007) : La vie quotidienne des Nenets dans la toundra du Grand Nord est à nouveau le matériau de ce film. Tourné en noir et blanc, ce long poème élégiaque chante la lente disparition d'un peuple à travers celle de sa langue, de sa culture.

L'école de la vie (2017) / de Maite Alberdi

Anita, Rita, Ricardo et Andrés forment une bande de copains trisomiques qui partage les bancs de la même école depuis quarante ans. Mais ils aspirent à une autre vie. Ils voudraient juste pouvoir faire comme tout le monde : être autonome, gagner de l'argent, se marier, fonder une famille. Bref, qu'à plus de cinquante ans on ne les considère enfin plus comme des enfants ! Mais est-ce que l'école de la vie leur permettra de réaliser leurs rêves ?

Le maître est l'enfant (2018) / d'Alexandre Mourot

Alexandre Mourot, réalisateur et jeune père, regarde sa fille faire sa propre expérience du monde. S'interrogeant sur sa scolarisation prochaine, il décide d'aller tourner dans une classe d'enfants de trois à six ans de la plus ancienne école Montessori de France. Dans une salle accueillante, avec des fleurs, des fruits, beaucoup de matériel, Alexandre rencontre des enfants libres de leurs mouvements et de leurs activités, qui travaillent seuls ou à plusieurs dans une ambiance étonnamment calme. Le maître est très discret. Chacun lit, fait du pain et des divisions, rit ou dort en classe. Pendant une année, le réalisateur filme la mise en œuvre de cette pédagogie de l'autonomie et de l'estime de soi que Maria Montessori voyait, en pleine fureur de la première moitié du XXe siècle, comme la promesse d'une société nouvelle de paix et de liberté.