Petits secrets des grands tableaux, volume 3 (2017) / de Carlos Franklin & Clément Cogitore

Une série documentaire qui nous montre comment tout œuvre d'art fait écho à l'esprit de son temps. Chaque film révèle le potentiel poétique, sociologique et politique du tableau, en pénétrant à l'intérieur de l’œuvre et en soulignant les détails grâce à un travail d'infographie qui anime, dans un espace 3D, personnages, objets et décors.
Contient : "D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?" (1897) de Paul Gauguin ; La tentation de Saint Antoine (1501) de Jérôme Bosch ; Francfort le port de l'ouest (1916) de Ernst Ludwig Kirchner ; La dame à la licorne (vers 1500) anonyme ; Le printemps (1482) de Sandro Botticelli

Choeurs en exil (2017) / de Nathalie & Turi Finocchiaro

Aram et Virginia, un couple d'Arméniens de la diaspora, transmettent à une troupe d'acteurs européens une tradition de chant ancestral menacée de disparition. En vue de la création d'une pièce de théâtre, le couple emmène la compagnie dans un voyage en Anatolie, où la civilisation arménienne a été anéantie. Chemin faisant, le questionnement des comédiens fait réémerger la richesse de cette culture : le chant devient alors langue de création et de partage, souffle de vie... Un parcours initiatique où les sons, la musique, les mots, les corps et les cris racontent une mémoire et un avenir.

Francofonia (2016) / d'Alexandre Sokourov

1940. Paris, ville occupée. Et si, dans le flot des bombardements, la guerre emportait la Vénus de Milo, La Joconde, le Radeau de La Méduse ? Que deviendrait Paris sans son Louvre ? Deux hommes que tout semble opposer, Jacques Jaujard, directeur du Louvre, et le Comte Franz Wolff-Metternich, nommé à la tête de la commission allemande pour la protection des oeuvres d'art en France, s'allient pour préserver les trésors du musée. Au fil du récit de cette histoire méconnue et d'une méditation humaniste sur l'art, le pouvoir et la civilisation, Alexandre Sokourov nous livre son portrait du Louvre.

I am not your negro (2017) / de Raoul Peck

Avec pour seule voix off la prose de l'écrivain noir américain James Baldwin confrontée à des images d'archives ou contemporaines, le cinéaste Raoul Peck revisite l'histoire des États-Unis au prisme des luttes raciales. Une réflexion intime sur la société américaine et le racisme, à partir des sanglantes années de lutte pour les droits civiques, des trois assassinats de Medgar Evens de la NAACP (National Association for the Advencement of Colored People), Martin Luther King et Malcolm X, qui se penche aussi sur la recrudescence actuelle de la violence envers les Noirs américains...

Le vénérable W. (2017) / de Barbet Schroeder

En Birmanie, le "vénérable W." est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c'est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant, nous sommes dans un pays où 90 % de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent.

La mécanique des flux (2017) / de Nathalie Loubeyre

Aux frontières de l'Europe, des hommes et des femmes, déterminés, se battent pour surmonter les barrières que l'UE leur oppose. Avec pour seules armes la force de leurs rêves et leur vitalité, ils affrontent une violence qui ne dit pas son nom, décidant ainsi de leur vie, envers et contre tout. Un autre regard, à la fois proche, sensible et cinématographique, sur cette réalité.

Les yeux brûlés (1986) / de Laurent Roth

Une jeune femme vient chercher à l'aéroport de Roissy une cantine militaire qui lui est retournée. Il s'agit des effets et clichés de Jean Péraud, reporter photographe disparu à Dien Bien Phu le 8 mai 1954. Bientôt, la discussion s'engage entre la jeune femme et les anciens compagnons de presse de Péraud. A travers les souvenirs et récits qu'elle suscite, ressurgissent les questions toujours actuelles sur ce qui fait l'image de guerre : le reporter est-il témoin ou combattant ? Se protège-t-il des effets de la guerre en la filmant ou bien au contraire prend-il plus de risques pour rendre son témoignage ? Peut-on parler d'art devant cette image faite face à la mort ?

Trilogie des Balkans (1993-1999) / de Chris Marker

Ensemble, ces trois documentaires de Chris Marker offrent un regard d'une rare acuité sur les événements qui ont secoué l'ex-Yougoslavie au cours des années 1990. 
"Le 20h dans les camps" (1993, 26 min) : 1993. Au camp de Roska, en Slovénie, des réfugiés bosniaques, dépouillés de tout ce qui leur appartenait, entreprennent avec l'aide technique d'une ONG, de se réapproprier au moins l'information, en créant une télévision sur cassettes, dotée de tous les éléments de la vraie télévision : présentateurs, jungles et piratage des émissions qui parlent d'eux.
"Casque bleu" (1995, 26 min) : le témoignage franc et direct d'un jeune médecin conscrit, François Crémieux, qui, plutôt que de perdre son temps sous les drapeaux, a préféré s'engager en 1994 comme casque bleu pour partir en mission six mois en Bosnie, durant la guerre de Yougoslavie. 
"Un maire au Kosovo" (1999, 27 min) : Chris Marker recueille le témoignage de Bajram Rexhapi, maire de Mitrovitsa. Cette ville, au Nord du Kosovo, est devenue célèbre à cause de son pont, celui qui la coupe en deux, séparant la population albanaise du dernier bastion serbe.

Kashima paradise, le cinéma de Yann Le Masson (1961-1984)

Caméraman d'exception et par ailleurs marinier, Yann Le Masson est une légende du cinéma direct dont chaque film balisa l'histoire du geste documentaire. Coréalisé avec Bénie Deswarte, "Kashima Paradise" (1973) est son chef d’œuvre. Radiographie radicale du capitalisme nippon et véritable vivisection du pays, la violence des scènes finales, mettant aux prises à Narita forces de l'ordre et paysans opposés à la construction d'un aéroport, lui valut d'être comparé aux plus grands maîtres du septième art : Eisenstein, Fellini, Kurosawa. Témoignant de la fureur du monde, arrimé à l'Histoire immédiate, Yann Le Masson reste paradoxalement un très grand cinéaste de l'intime, filmant la perte, la maladie d'un proche ou l'émotion de la naissance avec une dignité bouleversante, comme autant d'expériences personnelles rattachant chacun à l'universalité. 
"J'ai huit ans" (1961, 10 min) : A partir de leurs dessins, des enfants algériens parlent de leur expérience de la guerre. 
"Sucre amer" (1963, 24 min) : En 1963 à la Réunion, Michel Debré, premier ministre du général De Gaulle, vise le poste de député. Yann Le Masson suit sa campagne mouvementée. 
"Kashima Paradise" (1973, 107 min) : à la fois enquête au scalpel sur la société japonaise, grand film d'action et monument du cinéma direct. 
"Regarde elle a les yeux grands ouverts" (1980, 76 min) : Auprès de femmes du MLAC, militantes du droit à l'avortement, Yann Le Masson réalise paradoxalement un des plus beaux films tournés sur l'émotion de la naissance. 
"Heligonka" (1984, 26 min) : Atteint de cécité, Patrick, frère de Yann, apprend à voir avec ses mains et à entendre sa fille.

Trilogie de l'Île-aux-Coudres (1967-68) / de Pierre Perrault

Que serait le cinéma mondial sans l'Île-aux-Coudres et ses marins, paysans, pêcheurs et constructeurs de goélettes, égarés au Québec dans l'estuaire du Saint-Laurent ? Leur rencontre avec Pierre Perrault, fils spirituel de Robert Flaherty et contemporain de Jean Rouch, consacra définitivement la révolution du cinéma direct. Tout au long des années soixante, celui-ci a libéré la parole, créant un formidable appel d'air. Dans le documentaire, il enterra la dictature du commentaire, cédant la place à la multitude des corps filmés s'exprimant librement, à une envolée d'accents, d'intonations, de parlures, épuisant la voix des maîtres sous la polyphonies des humbles et des êtres ordinaires. 
Contient les films : "Pierre Perrault, homme de parole et cinéaste du vécu" (1999, 39 min) de Michel La Veaux ; "Pour la suite du monde" (1963, 105 min) de Pierre Perrault & Michel Brault ; "Le règne du jour" (1967, 118 min) de Pierre Perrault ; "Le beau plaisir" (1968, 15 min) de P. Perrault, B. Gosselin et M. Brault ; "Les voitures d'eau" (1968, 110 min) de Pierre Perrault