Trilogie des Balkans (1993-1999) / de Chris Marker

Ensemble, ces trois documentaires de Chris Marker offrent un regard d'une rare acuité sur les événements qui ont secoué l'ex-Yougoslavie au cours des années 1990. 
"Le 20h dans les camps" (1993, 26 min) : 1993. Au camp de Roska, en Slovénie, des réfugiés bosniaques, dépouillés de tout ce qui leur appartenait, entreprennent avec l'aide technique d'une ONG, de se réapproprier au moins l'information, en créant une télévision sur cassettes, dotée de tous les éléments de la vraie télévision : présentateurs, jungles et piratage des émissions qui parlent d'eux.
"Casque bleu" (1995, 26 min) : le témoignage franc et direct d'un jeune médecin conscrit, François Crémieux, qui, plutôt que de perdre son temps sous les drapeaux, a préféré s'engager en 1994 comme casque bleu pour partir en mission six mois en Bosnie, durant la guerre de Yougoslavie. 
"Un maire au Kosovo" (1999, 27 min) : Chris Marker recueille le témoignage de Bajram Rexhapi, maire de Mitrovitsa. Cette ville, au Nord du Kosovo, est devenue célèbre à cause de son pont, celui qui la coupe en deux, séparant la population albanaise du dernier bastion serbe.

Kashima paradise, le cinéma de Yann Le Masson (1961-1984)

Caméraman d'exception et par ailleurs marinier, Yann Le Masson est une légende du cinéma direct dont chaque film balisa l'histoire du geste documentaire. Coréalisé avec Bénie Deswarte, "Kashima Paradise" (1973) est son chef d’œuvre. Radiographie radicale du capitalisme nippon et véritable vivisection du pays, la violence des scènes finales, mettant aux prises à Narita forces de l'ordre et paysans opposés à la construction d'un aéroport, lui valut d'être comparé aux plus grands maîtres du septième art : Eisenstein, Fellini, Kurosawa. Témoignant de la fureur du monde, arrimé à l'Histoire immédiate, Yann Le Masson reste paradoxalement un très grand cinéaste de l'intime, filmant la perte, la maladie d'un proche ou l'émotion de la naissance avec une dignité bouleversante, comme autant d'expériences personnelles rattachant chacun à l'universalité. 
"J'ai huit ans" (1961, 10 min) : A partir de leurs dessins, des enfants algériens parlent de leur expérience de la guerre. 
"Sucre amer" (1963, 24 min) : En 1963 à la Réunion, Michel Debré, premier ministre du général De Gaulle, vise le poste de député. Yann Le Masson suit sa campagne mouvementée. 
"Kashima Paradise" (1973, 107 min) : à la fois enquête au scalpel sur la société japonaise, grand film d'action et monument du cinéma direct. 
"Regarde elle a les yeux grands ouverts" (1980, 76 min) : Auprès de femmes du MLAC, militantes du droit à l'avortement, Yann Le Masson réalise paradoxalement un des plus beaux films tournés sur l'émotion de la naissance. 
"Heligonka" (1984, 26 min) : Atteint de cécité, Patrick, frère de Yann, apprend à voir avec ses mains et à entendre sa fille.

Trilogie de l'Île-aux-Coudres (1967-68) / de Pierre Perrault

Que serait le cinéma mondial sans l'Île-aux-Coudres et ses marins, paysans, pêcheurs et constructeurs de goélettes, égarés au Québec dans l'estuaire du Saint-Laurent ? Leur rencontre avec Pierre Perrault, fils spirituel de Robert Flaherty et contemporain de Jean Rouch, consacra définitivement la révolution du cinéma direct. Tout au long des années soixante, celui-ci a libéré la parole, créant un formidable appel d'air. Dans le documentaire, il enterra la dictature du commentaire, cédant la place à la multitude des corps filmés s'exprimant librement, à une envolée d'accents, d'intonations, de parlures, épuisant la voix des maîtres sous la polyphonies des humbles et des êtres ordinaires. 
Contient les films : "Pierre Perrault, homme de parole et cinéaste du vécu" (1999, 39 min) de Michel La Veaux ; "Pour la suite du monde" (1963, 105 min) de Pierre Perrault & Michel Brault ; "Le règne du jour" (1967, 118 min) de Pierre Perrault ; "Le beau plaisir" (1968, 15 min) de P. Perrault, B. Gosselin et M. Brault ; "Les voitures d'eau" (1968, 110 min) de Pierre Perrault

A voix haute (2017) / de Stéphane de Freitas

Chaque année à l'université de Saint-Denis se déroule le concours Eloquentia, qui vise à élire le meilleur orateur du 93. Des étudiants de cette université, issus de tous cursus, décident d'y participer et s'y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène...) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique et vont s'affirmer, se révéler aux autres et surtout à eux-mêmes. Munis de ces armes, Leïla, Elhadj, Eddy et les autres s'affrontent et tentent de remporter ce concours.

Le concours (2017) / de Claire Simon

C'est le jour du concours. Les aspirants cinéastes franchissent le lourd portail de la grande école pour la première, et peut-être, la dernière fois. Chacun rêve de cinéma, mais aussi de réussite. Tous les espoirs sont permis, toutes les angoisses aussi. Les jeunes gens rêvent et doutent. Les jurés s'interrogent et cherchent leurs héritiers. De l'arrivée des candidats aux délibérations des jurés, le film explore la confrontation entre deux générations et le difficile parcours de sélection qu'organisent nos sociétés contemporaines... Claire Simon, le regard acéré, livre là un modèle de film citoyen.

Swagger (2017) / d'Olivier Babinet

"Swagger" nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu'à la comédie musicale et la science-fiction, "Swagger" donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d'Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l'ambition...

Les enfants perdus, une histoire de la jeunesse délinquante (2015) / de Valérie Manns

Des "voleurs de poule" aux "blousons noirs" des années 1960, en passant par les jeunes "loubards" des années 1970 aux "jeunes des cités" des années 2000, ce film retrace une histoire de la jeunesse délinquante et du regard que la société porte sur elle. Que s'est-il passé entre l'ordonnance de 1945 qui pose les fondements protecteurs de la justice des mineurs et les lois répressives des années 2000 ? Comment expliquer qu'au lendemain de la guerre, la société porte un regard compatissant sur une jeunesse délinquante dont elle se sent responsable alors qu'elle choisit aujourd'hui d'en faire son bouc émissaire ? Comment ces mal-aimés sont-ils passés du statut de victimes des dysfonctionnements de la société à celui de coupables ?

Un jour un arbre, une série documentaire de 130 arbres (2005) / Pierre Patrolin

Pierre Patrolin, cinéaste, a passé près d'un an à sillonner la France avec sa caméra et son équipe à la recherche d'arbres : remarquables ou inconnus, petits ou grands, isolés au fond des campagnes ou nichés au cœur des villes, il dresse ici le portrait de chacun d'eux en images et en histoires. Un voyage original au pays de 130 arbres de toutes espèces...
Cinq entrées possibles pour (re)découvrir les arbres : un "voyage en France" (avec une carte interactive), "les saisons", "essences et espèces", "l'arbre et l'homme" (pour s'instruire et découvrir les anecdotes et usages liés aux arbres).

Ziggy Stardust and the spiders from Mars (1973) / David Bowie

Concert enregistré à Londres le 3 juillet 1973 et filmé par Alan Pennebaker (réalisateur entre autres de "Monterey Pop" et surtout du mythique "Don't look back" consacré à Bob Dylan). Avec un David Bowie au sommet...

Gimme danger (2016) / de Jim Jarmusch

Le film de Jim Jarmusch retrace l'épopée des Stooges, l'un des plus grands groupes de rock de tous les temps. "Gimme danger" présente le contexte dans lequel Iggy & The Stooges ont émergé musicalement, culturellement, politiquement, historiquement et retrace leurs aventures et mésaventures en montrant leur inspirations et les raisons de leurs premiers défis commerciaux, jusqu'à leur arrivée au Panthéon du rock.